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Blog · Argent & finances

Pourquoi le TAEG grimpe alors que le taux nominal ne bouge pas

Vous comparez deux devis pour un crédit auto : les deux banques affichent 4,2 %. Mais dans les documents précontractuels, l'une annonce un TAEG de 4,8 %, l'autre de 6,8 %. Le taux n'a pourtant pas changé entre les deux offres. C'est tout le reste qui diffère.

Le taux nominal ne mesure qu'une seule chose : le prix de l'argent prêté

Le taux nominal (parfois appelé taux débiteur) sert exclusivement à calculer les intérêts dus sur le capital emprunté, mois après mois. C'est un calcul purement mécanique, détaché de tout le reste du dossier de crédit. C'est aussi, logiquement, le chiffre le plus flatteur à afficher : il ignore tout ce qu'un emprunteur va réellement payer en plus des intérêts.

Or un crédit n'est presque jamais composé uniquement d'intérêts. Selon la banque, le profil de l'emprunteur et le type de financement, d'autres coûts viennent s'ajouter — et ce sont ces coûts additionnels qui expliquent pourquoi deux taux nominaux identiques peuvent cacher deux offres très différentes.

D'où vient l'écart : ce que la banque ajoute au calcul

Le Taux Annuel Effectif Global (TAEG) a été créé précisément pour capturer ce que le taux nominal laisse de côté. Il part des mêmes intérêts, puis y intègre l'ensemble des frais que l'emprunteur doit payer pour obtenir le crédit :

  • L'assurance emprunteur exigée par la banque comme condition d'octroi — c'est en général le poste qui creuse le plus l'écart avec le taux nominal, en particulier quand elle n'est pas mise en concurrence.
  • Les frais de dossier, que la banque facture pour instruire et mettre en place le financement.
  • Les frais de garantie (caution ou hypothèque selon le type de prêt), lorsque la banque les impose pour accorder le crédit.
  • Les frais annexes obligatoires, comme une commission d'intermédiaire, quand leur paiement conditionne l'obtention du financement.

À l'inverse, un frais facultatif — que l'emprunteur peut refuser sans remettre en cause l'accord de la banque — n'entre pas dans le calcul du TAEG. La distinction n'est pas laissée à l'appréciation de l'établissement prêteur : ce qui conditionne réellement l'octroi du crédit doit obligatoirement apparaître dans le TAEG.

Un crédit auto avec deux TAEG très éloignés, pour un taux nominal identique

Prenons un capital emprunté de 18 500 € sur 60 mois, avec un taux nominal de 4,2 % proposé identiquement par deux banques. Hors assurance et frais, la mensualité liée aux seuls intérêts s'élève à 342,38 €.

Chez la première banque, l'assurance emprunteur coûte 3,20 € par mois et les frais de dossier s'élèvent à 120 €. Une fois ces éléments intégrés au calcul, le TAEG atteint 4,8 %. Chez la seconde, l'assurance imposée grimpe à 15,90 € par mois et les frais de dossier à 300 € : le TAEG passe alors à 6,8 %, alors que le taux nominal affiché est rigoureusement le même dans les deux dossiers.

Sur toute la durée du crédit, cet écart représente environ 940 € de différence entre les deux offres (intérêts, assurance et frais de dossier cumulés), rien qu'à cause de la manière dont chaque banque a construit son assurance et ses frais autour d'un taux nominal identique.

Pourquoi comparer des taux nominaux entre deux offres ne sert à rien

Puisque le taux nominal ignore l'assurance, les frais de dossier et les garanties, deux banques peuvent l'afficher à l'identique tout en proposant des crédits dont le coût réel diverge nettement, comme dans l'exemple ci-dessus. À l'inverse, une offre avec un taux nominal légèrement supérieur peut se révéler la moins chère si son assurance est nettement plus avantageuse. Mettre côte à côte deux taux nominaux ne renseigne donc en rien sur le coût réel de chaque crédit.

Le TAEG existe justement pour supprimer cette ambiguïté : son mode de calcul est encadré par la réglementation, ce qui oblige chaque banque à l'exprimer selon la même méthode. Deux TAEG peuvent donc être comparés directement l'un à l'autre, ce qui n'est pas le cas de deux taux nominaux pris isolément.

Un plafond existe, mais il varie selon le pays et dans le temps

Le TAEG d'un crédit ne peut pas être fixé librement : un plafond réglementaire s'applique, généralement défini par catégorie de crédit et révisé périodiquement selon les conditions de marché. Le niveau exact de ce plafond dépend du pays et évolue régulièrement : mieux vaut le vérifier auprès d'une source officielle au moment de souscrire plutôt que de se fier à un chiffre qui pourrait ne plus être à jour.

À retenir

  • Le taux nominal ne calcule que les intérêts sur le capital, sans rien d'autre.
  • Le TAEG y ajoute l'assurance emprunteur, les frais de dossier et les garanties exigées par la banque.
  • Un taux nominal identique entre deux banques peut donner des TAEG très éloignés selon le coût de l'assurance.
  • C'est le TAEG, encadré par la réglementation, qu'il faut comparer entre deux offres de crédit.

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