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Bruxelles-Nice en voiture, train ou avion : quelle différence de CO2 ?
Même trajet, même distance parcourue, mais des émissions de CO2 qui peuvent varier du simple au sextuple, selon le mode de transport choisi. Et le nombre de personnes dans la voiture change complètement la donne.
Un même trajet, trois façons très différentes d'émettre du CO2
Prenons un trajet Bruxelles–Nice, soit environ 1 175 km par la route. Que l'on prenne la voiture, le train ou l'avion, la distance parcourue est presque identique. Ce qui change radicalement, en revanche, c'est la quantité de CO2 émise pour parcourir cette distance. Et l'écart entre les modes de transport est souvent bien plus important que ce qu'on imagine spontanément.
Avant d'aller plus loin, une précision importante : les chiffres utilisés ci-dessous sont des ordres de grandeur indicatifs, inspirés de ratios communément cités (de type ADEME / Base Carbone) pour des trajets moyens. Ce ne sont pas des données officielles engageantes : les émissions réelles varient selon le véhicule, le taux de remplissage, le type de train, la compagnie aérienne ou encore la source d'énergie. L'objectif ici est de montrer un ordre de grandeur comparatif, pas un chiffre exact applicable à votre trajet.
Le calcul, mode de transport par mode de transport
Pour comparer équitablement, on raisonne en CO2 par passager sur les 1 175 km du trajet.
Voiture thermique, un seul passager
Avec une émission moyenne indicative d'environ 193 g CO2e/km pour une voiture thermique :
1 175 km × 193 g CO2e/km = 226 775 g ≈ 226,8 kg CO2e
Soit environ 226,8 kg de CO2e pour l'unique passager du véhicule.
Voiture thermique, à 4 passagers
Le véhicule émet toujours la même quantité de CO2 au total, mais cette fois elle se répartit entre 4 personnes :
226,8 kg CO2e ÷ 4 passagers ≈ 56,69 kg CO2e / passager
Soit environ 56,7 kg de CO2e par personne, quatre fois moins qu'en solo.
Train
La SNCB ne publie pas de facteur d'émission officiel par passager-kilomètre. En reprenant une moyenne européenne du rail (source AEE, Agence européenne pour l'environnement) d'environ 33 g CO2e/km/passager :
1 175 km × 33 g CO2e/km = 38 775 g ≈ 38,8 kg CO2e
Soit environ 38,8 kg de CO2e par passager.
Avion
Avec une émission moyenne indicative d'environ 200 g CO2e/km/passagerpour un vol court-courrier (traînées de condensation non comptées) :
1 175 km × 200 g CO2e/km = 235 000 g ≈ 235 kg CO2e
Soit environ 235 kg de CO2e par passager.
Ce que ces chiffres montrent, une fois mis côte à côte
Sur ce même Bruxelles-Nice de 1 175 km, on obtient donc, par passager :
- Train : ≈ 38,8 kg CO2e
- Voiture à 4 : ≈ 56,7 kg CO2e
- Voiture seul(e) : ≈ 226,8 kg CO2e
- Avion : ≈ 235 kg CO2e
Deux constats se dégagent, et ils sont contre-intuitifs pour beaucoup de monde.
D'abord, l'écart entre le train et l'avion reste considérable : 235 ÷ 38,8 ≈ 6. Sur ce trajet, le train émet environ 6 fois moins de CO2 que l'avion par passager. Ce n'est pas un léger avantage, c'est un ordre de grandeur complet d'écart.
Ensuite, la voiture n'a pas un impact fixe : tout dépend du nombre de personnes à bord. Une personne seule au volant, sur ce trajet, émet à peu près autant que si elle avait pris l'avion (226,8 kg contre 235 kg, soit un écart de 3,5 %). En revanche, à 4 dans la même voiture, l'empreinte par personne devient plus sobre que l'avion (56,7 kg contre 235 kg), tout en restant au-dessus du train (56,7 kg contre 38,8 kg, soit environ 46 % de plus).
Pourquoi le taux de remplissage change tout
Cette bascule s'explique simplement : les émissions d'une voiture dépendent essentiellement du trajet effectué par le véhicule, pas du nombre de personnes qu'il transporte. Rouler à 1 ou à 4 ne change presque rien à la consommation de carburant du véhicule. Le CO2 total émis reste donc à peu près le même, mais il se répartit entre plus ou moins de passagers. C'est ce qui fait qu'une voiture bien remplie devient un mode de transport nettement plus sobre par personne, alors qu'une voiture avec un seul occupant se rapproche de l'empreinte d'un vol.
Le train et l'avion, eux, ont des émissions déjà calculées par passager en moyenne sur leur taux de remplissage habituel : c'est pour cela qu'on les compare directement à une voiture occupée par une seule personne ou partagée à plusieurs.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ces ordres de grandeur ne remplacent pas une mesure précise. Ils varient fortement selon :
- Le modèle du véhicule (thermique, hybride, électrique, taille, âge), qui fait varier fortement les grammes de CO2 par kilomètre d'une voiture.
- Le type de train emprunté (train à grande vitesse largement électrifié, train plus classique, ou train dans un pays où l'électricité est plus carbonée).
- Le taux de remplissage réel de l'avion ou du train, qui influence directement les émissions moyennes par passager communiquées par les compagnies.
- La distance effective parcourue, qui n'est pas toujours la distance à vol d'oiseau (un trajet en voiture ou en train suit rarement une ligne droite).
Ces chiffres doivent donc être lus comme des repères comparatifs, utiles pour prendre du recul sur un choix de transport, et non comme un résultat scientifique précis applicable tel quel à n'importe quel trajet.
À retenir
- Sur un Bruxelles-Nice (1 175 km), le train émet environ 6 fois moins de CO2 par passager que l'avion (≈ 38,8 kg contre ≈ 235 kg, ordres de grandeur indicatifs).
- Une voiture thermique avec un seul passager peut émettre presque autant que l'avion sur ce même trajet (≈ 226,8 kg).
- La même voiture à 4 passagers devient bien plus sobre par personne (≈ 56,7 kg), mais reste au-dessus du train.
- Le facteur décisif pour une voiture, ce n'est pas seulement le véhicule, c'est le nombre de personnes à bord.
- Ces chiffres sont des ordres de grandeur indicatifs, pas des données officielles engageantes : ils dépendent fortement du véhicule, du taux de remplissage et de la distance réelle.